L’enfer de la (Seine et) Marne

Ma chère Martine,

C’est par un temps fort maussade sur le front Est que je t’écris cette lettre, qui je l’espère te parviendra. Nous sommes, avec l’ensemble du 2ème régiment d’Infanterie de la territoriale de Fontainebleau, toujours stationnés au fort Alain Mimoun où nous attendons les ordres.

Après la déconfiture subie face au Bataillon de Montereau, le moral est au plus bas. Rien que de te l’écrire, j’en ai le cœur gros, et si je ne devais pas faire bonne figure auprès du reste de la compagnie, je m’autoriserais quelques larmes. Néanmoins il nous faut tenir courageusement, il nous faut en ce moment défendre notre gymnase envahi.

La bataille n’avait pourtant pas si mal commencé : invectivée par le Capitaine Nicolas, qui avait pour l’occasion chaussé ses bottines rouge d’apparat, le lieutenant Verdeau, bien épaulée par le 1ère classe Lydie, avait porté une charge victorieuse en DD et avancé d’une tranchée (21-15/21-17).

Si nous pensions la bataille bien engagée, notre illusion a été de courte durée. Sur un terrain rendu glissant par une pluie incessante qui nous glace jusqu’aux os depuis des semaines, notre camarade JB s’est retrouvé en difficulté face à une escouade ennemie pleine de ressources, cette même escouade qui avait défait les troupes alpines du 1er régiment de Fontainebleau lors d’une escarmouche automnale. Malgré quelques coups de baïonnette bien sentis, notre soldat tombe en deux sets (12-21/18-21).

Le décor était planté, et le piège de l’ennemi bien amené. C’est ainsi que nos 2ème classe Benoît et Yoann, après avoir tous deux remporté les 1ers sets de leurs simples respectifs, sont tombés sous la mitraille montereaulaise. A bout de forces, acculés, le goût amer de la défaite dans la bouche, nos braves ont dû déposer les armes (21-19/17-21/07-21 et 21-07/10-21/10-21).

A peine remise de son double, notre lieutenant Julie affrontait une ancienne bellifontaine, Jessica, pour le compte du SD. Après avoir perdu le 1er set, Julie donnait le maximum et arrachait le 2nd. Malheureusement, diminuée par une balle reçue dans l’abdo, elle échouait près du but (17-21/21-13/20-22).

Les deux derniers affrontements n’étaient pas non plus à notre avantage : tandis que Grégoire et Lydie perdaient en 3 sets le DMX (18-12/21-17/12-21) dans une bataille équilibrée ou chaque camp se rendait coup pour coup, je me préparais pour le DH. Mon compagnon de tranchée s’est retrouvé être le caporal Nicolas, un ancien membre de l’Etat Major récemment dégradé. Malgré une entame de bataille convaincante, nous ne parvenons pas à prendre la mesure de la section ennemie, qui avait aligné ses troupes des SH1 et SH3. Nous nous faisons déborder en 2 sets (17-21/11-21).

Comme tu le vois, ma chère Martine, les temps sont durs. Le spleen nous ronge, les rations sont maigres (à peine quelques croques-monsieur) et nous luttons pour tenir. Nos pensées nous ramènent sans cesse à la 1ère classe Manon que nous avons perdue il y a peu, et nous nous demandons tous qui sera le prochain à suivre le même chemin.

J’espère qu’à l’arrière tout va bien pour vous.

Affectueusement,

Pierre

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