C’est entendu, les compos de l’équipe 1 sont bétonnées et le capitaine, fixant l’horizon de l’inéluctable montée en D2, sait naviguer entre les écueils des choix hasardeux et des tests ambitieux de paires « en live ». « Et contre la Rochette ? », scanda le chœur des critiques ; « L’exception qui confirme la règle », avait répondu le capitaine lors de la conférence de presse suivant la rencontre. « Et contre Montereau, comment expliquez-vous un score aussi serré, M. Laurent ? » ; « La deuxième exception confirme encore plus la règle, crétins », répliqua-t-il avant de jeter sa bouteille d’eau sur ces satanés journalistes et de quitter la salle, excédé. Bon, mais que s’est-il passé le jeudi 2 décembre, date de notre dernier match aller (hé oui, déjà, hélas) ?
Un traditionnel point sur les absents, toujours inexcusables : Quentin « Le Tacticien » avait préféré se déguiser en Mickey dans un parc d’attractions bien connu, n’oubliant pas néanmoins de mettre la pression sur le reste de l’équipe sur le thème « Si les résultats ne sont pas à la hauteur en mon absence, j’en tirerai toutes les conséquences… » ; Pierre&Julie avaient décidé de méditer pour préparer le tournoi de Château-Landon ; Benjamin s’était à nouveau trompé de gymnase et faisait des smashs…au volley. Au final, c’est en petite formation 3 gars/2 filles que nous reçûmes nos camarades de Montereau, et sans le soutien de Martine, injustement refoulée à l’entrée du camp !

En simple dames, Marie est confrontée à Jessica, et commence fort en construisant très bien en n’oubliant pas le petit amorti-croisé-du-fond-de-court, mettant en retard son adversaire sur bien des volants, un 21-14 qui fait dire à l’assistance « Bon, ça devrait le faire »…hélas, la précision échappe à notre joueuse dans la suite du match, tandis que Jessica se ressaisit et contre méthodiquement, au deuxième comme au troisième…et tant pis pour ce premier point concédé, mais avec un niveau de jeu prometteur.
Modeste remplaçant de l’invaincu Quentin au SH3, le capitaine quittait les pures tâches administratives pour reprendre enfin une place en simple contre le jeune Maxence : premier set sans trop de problème remporté 21-11, mais série de fautes et plus de points qui durent, tenus par un adversaire moins fébrile au deuxième : à 19-19, Clémentine me lança cet ordre cordial bien que ferme : « Tu marques 2 points maintenant, stp ? ». « Oui, oui », soufflais-je, avant d’éviter in extremis un troisième set (22-20). Comme on le découvrira plus loin, il y a un nouveau prétendant au titre de « l’abonné au trois sets » cette saison !

Au SH2, notre pilier Manu est là et se bat face à l’énergique et longiligne Thibaut. Le grognard a prévenu en arrivant, « ça va comme un jeudi, mais en moins bien que d’habitude », on se marre, qui peut imaginer qu’il ne ramène pas le point, comme d’habitude ? Mais un cataclysme historique qu’on ne peut guère comparer qu’à la chute de l’Empire romain se produisit malgré tout : mis en difficulté par la pugnacité et la combativité de Thibaut, notre Manu s’inclina en deux sets (17-21/15-21) ! « Unbelievable » aurait dit Kim en se renversant du thé brûlant sur les genoux, et choqués nous fûmes.
« Hé mais ça fait 2 points perdus, ça ! », s’exclama le capitaine, toujours aussi doué en calcul. Il était temps de réagir en envoyant le double dames Clémentine/Marie (paire soigneusement préparée par…20 minutes d’entraînement préalable, mais on ne peut pas tout faire en même temps hein), qui récupéra rapidement un point contre une paire adverse mal coordonnée.

Place à un véritable classico ensuite, à savoir le simple Benoît/Romain, qui ne déçoit jamais le public : pari tenu !


Les duellistes se rendent en effet coup pour coup, les amortis ras du filet se succèdent, et ils n’épargnent pas leur peine pour ramer devant et derrière…très serré tout du long, seules deux petites fautes de Benoît laissent le premier set s’échapper 23-21. Immédiatement pris en charge par la BSMPDB (Brigade de Soutien au Mental Parfois Défaillant de Benoît), en l’occurrence renforcée par Xavier, Andy et Andréa, notre Savoyard est coaché et son moral lustré, il revient remonté comme jamais pour le set suivant pour un jeu impeccable (21-13) et Romain commence à souffrir physiquement. Aucune baisse de régime dans le troisième pour notre SH1 préféré, à 19-15 il ne reste « plus qu’à » ne pas faire de série de fautes..série bienheureusement évitée, et la victoire assurée par deux ultimes smashs bien ajustés ! C’est décidé, il est de retour en simple et va faire mal !
3-2, ce n’est pas encore l’heure ni du soulagement, ni du buffet ! Manu a soufflé après son simple, quelques vannes (lancées courageusement, quoi qu’à distance de sécurité d’un high kick potentiel par un Greg de passage) l’ont déridé, et, après une lampée de fromage fondu, Benoît est prêt à en découdre en double hommes, tandis que l’on attaque le double mixte avec Clémentine, face à Jessica et Romain. Tout ruisselant, celui-ci a réclamé 7 minutes 30 de récupération additionnelles après son simple : précis, le bougre ! C’est accordé.
Manu et Benoît sont tout de suite dans le match et prennent de vitesse Thomas et Melvin, qui commettent un peu trop de fautes et accordent le premier set aux Bellifontains, la combinaison agressivité de Manu/distribution de Benoît portant ses fruits (21-15). Mais les Monterelais reprennent l’ascendant au deuxième et profitent de quelques erreurs (17-21), ce n’est pas fini ! Le troisième set est très serré, je tends l’oreille pendant le mixte et entends « 20-20 », une goutte de sueur perle à mon front tandis que Clémentine chuchote « Il faut qu’ils gagnent hein, je déteste jouer sous pression », et, ô soulagement, ils l’emportent 23-21 !
Les 4 points sont là, mais on ne réussira pas à en gagner un de plus en mixte : après un premier set trop fébrile où on laisse trop Romain attaquer (15-21), Clémentine et moi allumons les turbines au deuxième, précieusement coachés par Xavier (mais que ferait-on sans lui?) en gagnant 21-12, mais on rechute au troisième, nos adversaires étant plus réguliers (12-21).
Un point défensif concédé, mais surtout une belle soirée sportive achevée autour d’un buffet tardif, durant lequel les agents de la BSMPDB furent noyés, à titre de rétribution, sous une avalanche de Schokobons. Il ne restait plus qu’à évacuer le camp et à rentrer heureux, le capitaine ayant sobrement conclu la conférence de presse par un « ok, j’ai chatté ma race deux fois, mais matez-moi ce tableau à l’issue de cette moitié de saison, allez, bisous, salut ! »




